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Page mise à jour
le 14.03.2015

 Economie du Burkina

o L'INDUSTRIE

Le Burkina Faso est un des pays les moins industrialisés d'Afrique de l'Ouest. Sa pauvreté, son enclavement et sa proximité avec les dynamiques voisins ivoiriens et ghanéens sont les principaux obstacles à son développement industriel qui malgré tout a connu une croissance de 5,2% en 2007. La consommation nationale de produits industriels est de toutes façons faible.

zone industrielle à OuagadougouLes quelques rares industries sont concentrées à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso qui possèdent toutes deux des zones industrielles dédiées à ces activités.

Photo à droite : panneau à l'entrée du zone industrielle à Ouagadougou (Sifa, Fasoplast, Air Liquide)

La position méridionale de Bobo-Dioulasso, proche de la frontière ivoirienne et première ville desservie par le train Abidjan-Ouaga remontant les matières premières du port ivoirien, rend la capitale du sud du Burkina particulièrement attractive aux yeux des investisseurs. C'est d'ailleurs Bobo qui compte la plus forte densité d'industries par habitant. C'est aussi à Bobo que se trouve le "fleuron" industriel Burkinabè : la SIFA qui produit et assemble des deux-roues en marque propre et sous licence Yamaha. La SOSUCO (La Nouvelle Société Sucrière de la Comoé) à Banfora est également une des locomotives du sud-Burkina grâce à la production et à la transformation de canne à sucre. La transformation du coton par la SOFITEX, dont la région du Houet est la plus grosse productrice d'Afrique, a également contribué à l'essor économique de Bobo-Dioulasso devenue de fait la capitale industrielle du pays. Les indutries textiles, dépendant directement de la production cotonnière de la SOFITEX y sont également dynamiques.

Des industries cosmétiques telles que la SOFIB (savons), technologiques telle que Winner (fabrication de piles, batteries, chargeurs), ou chimiques telle qu'Afriplast (industrie chimique du plastique qui produit les innombrables accessoires ménagers très utilisés au Burkina comme les bassines et autres récipients) complètent le panel d'industries bobolaises diverses.


un train à Banfora en provenance de Côte d'Ivoire
Photo ci-dessus : un train à Banfora en provenance de Côte d'Ivoire chargé de matières premières et de
matériaux destinés aux usines de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou

usine GS-Plast (chaises en plastique), secteur 9 à Ouagadougou Les brasseries, implantées à Bobo tout comme à Ouaga, tournent également à plein régime pour produire les hectolitres de bières consommées par les soifoirs du Burkina ainsi que diverses boissons sucrées, la plupart sous licence Coca-Cola Company. Ces brasseries font partie des industries les plus lucratives du pays.
Ouaga accueille également quelques industries lourdes telle que Fasoplast (concurrente directe de l'Afriplast de Bobo), des industries textiles telles que la SATEX et l'AIT. Diamond Cement, la seule cimenterie du pays, ne peut quant à elle, même en tournant à plein régime, subvenir aux besoins du pays qui doit importer du ciment du Togo, de RCI et du Ghana.

Photo à gauche : usine GS-Plast (chaises en plastique), secteur 9 à Ouagadougou


Seules les industries tournant autour du coton et du beurre de karité ont au Burkina vocation à être exportés. Les autres produits ne sont pas concurrentiels à l'exportation du fait de la difficulté d'approvisionnement en matières premières de ce pays enclavé et aux difficultés liés au coût et au temps de transport pour l'expédition vers l'étranger.

 Voir aussi les pages sur l'agriculture au Burkina Faso

o L'AGRICULTURE

Voir la page sur l'agriculture au Burkina Faso

Arrosage des champs de canne à sucre à Banfora
Photo ci-dessus : arrosage des champs de canne à sucre à Banfora...

o LE TOURISME

Voir la page sur l'industrie du tourisme au Burkina Faso

L'industrie du tourisme au Burkina Faso
Photo ci-dessus : les cascades de Karfiguéla, l'une des attractions payantes du Burkina Faso...

o LES RICHESSES NATURELLES

Le sous-sol du Burkina Faso, même s'il n'est pas exceptionnellement riche, recèle un important potentiel. Après le coton, c'est d'ailleurs l'or qui constitue le deuxième produit d'exportation.

mine d'or artisanale exploitée par quelques orpailleurs dans le village kasséna de TiébéléLe précieux métal est extrait à diverses échelles dans tout le pays. C'est à Poura, principal gisement Burkinabè exploité, qu'il est extrait industriellement. Mais dans d'autres provinces les sites d'orpaillage traditionnel sont innombrables du Nord (site d'Essakane près de Gorom Gorom) au Sud du pays (dans le Mouhoun). L'orpaillage, et tout ce qui tourne en général autour de l'or et du métal n'est traditionnellement pratiqué que par certaines castes de certaines communautés ethniques en raison d'interdits séculaires ou d'absence d'ascendants de la caste des forgerons. Les accidents sont fréquents (une cinquantaine de morts ont été à déplorer durant l'été 2008 suite à l'effondrement d'une galerie sous l'effet des pluies et ce type de drame est fréquent même si les morts sont moins nombreux).

Photo à gauche : mine d'or artisanale exploitée par quelques orpailleurs dans le village kasséna de Tiébélé (région du Nahouri).

Des diamants sont également extraits dans la région de Barsalogo (Sanmatenga) et dans la région de la Comoé.

Des gisements de cuivre (dont le cours a explosé ces dernières années) existent dans le Poni, le Ganzourzou et le Sanmatenga. Il existe également quelques petits gisements d'antimoine, de plomb, de zinc, de manganèse, de magnétite, de nickel et d'aluminium dont les quantités extraites ne permettent même pas au pays de s'autosatisfaire.

Des gisements de phosphates sont égalements présents dans la province de la Tapoa (au sud-est du pays).

D'éventuels gisements d'uranium et de pétrole, sans grande valeur, existeraient aussi au Burkina.

Pour finir, le Faso recèle dans son sous-sol un grand nombre de matériaux nécessaires aux activités de BTP en augmentation permanente suite au boom immobilier : des matériaux calcaires, des sables silicieux (à l'entrée de Bobo-Dioulasso), du kaolin et des argiles réfractaires (à Titao dans le Yatenga) et Koreba (région de Bobo-Dioulasso) ainsi que des pierres ornementales (granites, granodiorites, syénites et dolomies).

Plusieurs entreprises telles que FASOMINE exploitent différents types de gisements dans tout le pays.

Site du ministère des mines, des carrières et de l'énergie :
Site du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina :
  Voir aussi les pages sur l'agriculture au Burkina

o INFRASTRUCTURES

o Infrastructures routières

la route goudronnée la plus fréquentée du Faso, l'axe Ouaga-Bobo près de l'embranchement de Koudougouo Les routes : Seuls 3000 kilomètres de routes bitumées traversent le Burkina Faso. C'est l'un des réseaux les moins denses d'Afrique. Certains tronçons, récents, sont encore en parfait état, d'autres sont dans un état de délabrement avancé.

La circulation de camions de transport de marchandises surchargés (largement au dessus du poids limite légal de charge de ces véhicules) contribue pour une grande part à la ruine de ces routes fragiles. La saison des pluies, ramolissant la couche de latérite sur laquelle repose de goudron, est particulièrement calamiteuse pour les routes bitumées qui voient alors fleurir des nids de poules de toutes parts.

Photo à droite : la route goudronnée la plus fréquentée du Faso, l'axe Ouaga-Bobo près de l'embranchement de Koudougou.

Il est d'ailleurs dommage de voir ces routes abîmées si vite alors qu'elles sont si peu fréquentées. Le trafic de véhicules sur les routes nationales est en effet très limité et même l'axe le plus utilisé, le Ouaga-Bobo, peut ne pas voir passer de véhicules pendant plus d'une demi-heure.
Les 3000km de routes goudronnées sont principalement les axes menant aux pays voisins. Ainsi, les voies principales menant à Bamako au Mali, à Abdijan en Côte d'Ivoire, à Accra au Ghana, à Lomé au Togo, à Niamey au Niger et à Cotonou au Bénin sont dans un état très généralement bon. C'est heureux pour ce pays enclavé qui n'a pas d'autres choix que de communiquer avec ses voisins.

Les sommes engagées pour la réfection ou la construction des routes, toujours financées par des organismes internationaux, sont énormes et génèrent évidemment une corruption portant à chaque fois sur des centaines de millions de CFA au détriment toujours de la qualité des travaux.

 Voir également les cartes du Burkina Faso avec les différentes voies de communication
 Voir la page sur les transports

la piste entre Réo et Koudougouo Les pistes : C'est le réseau routier le plus dense et le passage obligé pour se rendre dans la plupart des zones rurales. En 2008, ce sont près de 60.000km de routes en terre et de pistes de toutes tailles qui traversent tout le pays et rendent le moindre hameau accessible, du moins en saison sèche et avec une bonne voiture ! La piste, c'est la voie de communication africaine par excellence qui pendant la saison sèche soulève à chaque passage de véhicule d'immenses nuages de poussière rouge-orangé. Moins coûteuse à construire et à entretenir, une bonne piste même si elle use les pneus, permet de rouler aussi vite que sur une route bitumée. Les transports en commun circulent d'ailleurs sur l'ensemble des routes en terre du pays.

Photo ci-dessus : la piste entre Réo et Koudougou

Les régions les moins peuplées sont aussi celles qui pâtissent le plus d'un état déplorable des pistes. Le Nord voit souvent ses axes ensablés, le Sud et l'Est subissent quant à eux des voies endommagées ou inaccessibles durant les mois de pluies.

L'entretien des pistes est primordial pour l'économie du pays, notamment pour son activité agricole d'exportation grandement dépendante des voies de transport. Les pistes dites "cotonnières" (le Burkina Faso est le premier producteur africain de coton) représentent près de 1800km empruntés par les camions chargés de distribuer les semences et de récolter les balles de coton brut. La production de beurre de karité est elle aussi dépendante de ces pistes.

 Voir également les cartes du Burkina Faso avec les différentes voies de communication
 Voir la page sur les transports

Site du ministère des Infrastructures, des Transports et de l'Habitat :

o Infrastructures aéronautiques

la piste de décollage de l'aéroport de OuagadougouDeux aéroport dits "internationaux" permettent aux longs courriers de se poser : Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Dans la pratique, Bobo-Dioulasso n'accueille d'international qu'un vol de Côte d'Ivoire. La construction d'un nouvel aéroport, sans doute à Loumbila entre Ziniaré et Ouagadougou, est envisagée. Non pas parce que celui de Ouaga serait trop petit (il est même largement sous-exploité) mais bien évidemment pour que les seigneurs puissent manger un peu de "le arzent" dans la revente des parcelles de terrain sur le modèle de ce que peut faire ce voleur d'Abdoulaye Wade au Sénégal.

Photo à droite : la piste de décollage de l'aéroport de Ouagadougou

L'aéroport de Ouagadougou draîne environ 220.000 passagers par an (arrivées + départs donc en somme 110.000 trajets effectés par 70.000 personnes...) composés d'hommes d'affaires, d'expatriés et d'impatriés, de colloqueurs professionnels de l'ONU ou d'autres organisations internationales et de quelques rares touristes. La moitié de ce chiffre est composé de voyageurs venant d'autres capitales ouest-africaines.

A titre de comparaison, le nombre de passagers enregistrés à Bobo-Dioulasso est dix fois moindre et composé pour la plus grosse partie des voyageurs des vols Ouaga-Bobo d'Air Burkina.

Une douzaine d'aérodromes en latérite sont en outre répartis sur le territoire national. Ils n'accueillent aucun trafic aérien régulier. Quelques avions privés et appareils d'aéroclubs se posent sur ces petites pistes. Il s'agit le plus souvent de touristes ou de chasseurs. Ces aérodromes sont situés à Gaoua, Bogandé, Dédougou, Diapaga, Diébougou, Djibo, Dori, Fada-Ngourma, Gorom-Gorom, Orodara, Ouahigouya, Tenkodogo.

o L'eau

L'eau courante du Burkina est d'une relative bonne qualité. Elle est exploitée par l'entreprise nationale ONEA. La consommation nationale augmente chaque année en même temps que l'amélioration des conditions de vie et que le raccordement au réseau de nouvelles localités. Si les ressources globales du pays en eau sont largement suffisantes pour satisfaire toute la population, il existe de très fortes disparités dans l'accès à l'eau potable entre les différentes régions du pays.

En ville tout d'abord, il n'existe aucune pénurie. Le service d'eau courante de l'ONEA est performant (les coupures d'eau sont très rares et la qualité de l'eau distribuée est bonne). Les branchements privés sont cependant rares dans les quartiers populaires. Le coût du raccordement au réseau d'eau ainsi que le prix de l'abonnement dissuade la plupart des foyers de s'équiper. Les bornes fontaines sont donc encore le principal moyen d'approvisionnement en eau, y compris à Ouaga.

ménagères et porteurs d'eau font la queue à un point d'eau à pompe manuelle dans les quartiers non lotis de OuagadougouDans les zones rurales, les puits sont privés ou appartiennent à la communauté villageoise quand ils sont munis d'un château d'eau ou d'une motopompe. Beaucoup d'ONG construisent des puits dans les villages pour éviter aux femmes de faire plusieurs kilomètres pour trouver de l'eau. Dans certaines régions, l'eau étant rare et profonde, il faut creuser très profond et stabiliser le puit. De tels travaux coûtent hélas chers et seules des ONGs peuvent fournir l'argent nécessaire. La responsabilité de l'état est néanmoins mise à contribution. En effet, il est du ressort du Ministère de la Santé via ses brigades sanitaires, de traiter préventivement les puits contre les parasites et autres maladies présentes parfois dans l'eau des forages.
Photo à gauche : ménagères et porteurs d'eau font la queue à un point d'eau à pompe manuelle dans les quartiers non lotis de Ouagadougou

Tout comme l'électricité, le tarif du m3 d'eau au Burkina dépend de la consommation afin de permettre aux plus modestes d'avoir l'eau à un prix modique tout en décourageant les plus gros consommateurs. La tranche dite "sociale" va de 0 à 10m3 d'eau par mois et est facturée 188 CFA le m3 (0.29€). Pour info, le prix moyen de l'eau en France en 2009 est de 2.9€ le m3.

Portail du secteur de l'eau au Burkina Faso (très nombreux documents à télécharger)

o L'électricité

La crise de l'énergie qui plombe toute l'Afrique depuis plusieurs années n'épargne pas le Burkina Faso. L'augmentation du prix du pétrole dont dépend une grande partie de la production électrique du pays n'aide pas les choses. L'électricité est chère au Burkina et les "délestages", terme commun au Faso désignant les coupures électriques plus ou moins longues destinées à soulager le réseau, peuvent être fréquentes à certains moments de l'année en raison notamment de la vétusté des centrales électriques de l'entreprise nationale, la SONABEL.

Fonctionnant en 220 volts selon les normes françaises, le réseau électrique Burkinabè est très peu dense. Une majorité d'habitants du Burkina (y compris dans les secteurs "non lotis" de Ouagadougou) n'a pas accès à l'électricité. Les communautés rurales situées en dehors des grands axes ne sont pas raccordées au réseau. La SONABEL revendique au total seulement 73 localités électrifiées dans tout le pays !

En ville beaucoup peinent à payer les factures qui s'alourdissent d'année en anné, plombées en plus par de l'électroménager énergivore bas de gamme ou vétuste. Ces difficultés de paiement menant souvant à la coupure pure et simple du courant, la SONABEL a démocratisé les compteurs de courant "prépayés" appelés Cash Power : grâce à des codes identiques à ceux de la téléphonie mobile, on recharge son compteur électrique. Les dettes évitent ainsi de s'accumuler. Pour favoriser les familles les plus modestes ne consommant que peu de courant, le prix du KWh dépend de la consommation mensuelle. Le prix de base le moins cher débute à 75CFA le KWh (0.12€) avec un abonnement à 4500CFA par mois (6.75€). Les tarifs des compteurs Cash Power comprennent eux le prix de l'abonnement.

Les différentes agences de la SONABEL ainsi que le personnel technique, administratif et les agents de relève des compteurs totalisent 1420 employés au Burkina Faso (chiffres 2007).

L'énergie hydroélectrique, prometteuse dans ce pays de barrages et de rivières, sauve le Burkina de la faillite : elle apporte presque 15% de la production électrique nationale grâce aux quatre barrages électriques dont le plus impressionnant est celui de Bagré situé sur la rivière Nakambé, près de la frontière togolaise. Le barrage de Kompienga lui aussi à la frontière togolaise et le barrage de Tourni (à l'Est de Banfora près de la frontière malienne) complètent la production. D'autre barrages sont en projet.

Près de 750 millions de KWh auront été consommés en 2008. Sur ces 750 millions, 110 viennent de l'énergie hydroélectrique, 520 viennent des 28 usines thermiques Burkinabè (consommant du pétrole) et 120 sont importés de Côte d'Ivoire et du Ghana.

Voir notre article sur l'énergie solaire au Burkina Faso
Site internet de la Sonabel

o COMMUNICATION / MEDIAS

un présentoir de presse à Ouaga avec la plupart des titres du jouro Presse : Malgré les atteintes à la liberté de la presse dont se plaignent les journaux Burkinabè, surtout depuis l'assassinat en 1998 du désormais célèbre Norbert Zongo, directeur de publication de "l'Indépendant", la presse Burkinabè demeure la meilleure et sans doute la plus libre d'Afrique. Les articles critiques acides sur le pouvoir ne manquent pas et la plupart des journalistes des pays d'Afrique de l'Ouest ne pourraient pas écrire 10% de ce qu'écrivent les Burkinabè sans aller faire un tour en prison. Que certains journaux surnomment le premier ministre Tertius Zongo du sobriquet de Testicus (normal d'ailleurs pour cette grosse burne) serait inimaginable au Sénégal ou au Mali.

Il existe de nombreux quotidiens et hebdomadaires au Burkina Faso. Ils tapent chacun dans leur domaine avec plus ou moins de bonheur. Actu, politique, people ou satyrique : le panel est large. L'Indépendant, tête de file de la presse de l'opposition, partage les présentoirs de presse avec Le Pays, l'Observateur Paalga, l'excellent et hilarant JJ (journal du jeudi) ou Sidwaya, organe officiel du gouvernement.

Photo à droite : un présentoir de presse à Ouaga avec la plupart des titres du jour

La généralisation des antennes paraboliques et des antennes TV5 aggravée par l'arrivée massive d'internet fait que la presse internationale n'est pratiquement plus disponible au Burkina. Quelques vendeurs d'hebdo français (Express, le Point, Nouvel Obs, etc...) vendent plus cher qu'en France ces magzines récupérés gratos dans les avions d'Air France ou de la RAM et qui normalement sont interdits à la revente. On retrouve ces vendeurs devant les hôtels de l'avenue Kwamé Nkrumah.

 Venez lire ces journaux au jour le jour sur la page Infos/Médias de Planete-Burkina.com

o Radio : Un grand nombre de stations, nationales, régionales ou locales, animent le paysage radiophonique Burkinabè. Elles se répartissent les fréquences entre les radios musicales, les radios confessionnelles, les radios communautaires, les radios "sociales" et les radios d'information. La quasi totalité du territoire reçoit des programmes de radios FM. Ouga et Bobo sont bien-sûr les villes les mieux loties. Les radios "confessionnelles" (radios catholiques, musulmanes et des différents groupuscules sectaires protestants) rencontrent un certain succès tout comme les radios communautaires dans les régions (radios en langues locales). A Ouaga et Bobo, des radios internationales telles que RFI (Radio France International) ou Nostalgie émettente en FM. La radio-télévision nationale a aussi sa propre station FM qui émet sur tout le territoire.

o Télévision : Il existe plusieurs chaînes de télévision privées au Burkina Faso ainsi que la chaîne nationale TNB. Cette dernière propose des journaux télévisés affligeants consacrés pour la plus grande part aux déplacements des ministres quatrequatrisés venus distribués des sacs de riz à quelques chefs de villages ou militants zélés à travers le pays. Cependant, on ne peut que louer la qualité relative du reste de la programmation compte-tenu du budget très limité de la chaîne nationale. En effet, des documentaires scientifiques ou animaliers sont fréquemment diffusés et des plages d'info dans toutes les langues locales du pays permettent à chacun de s'informer dans sa langue maternelle. De plus, diverses séries plus ou moins récentes sont diffusées chaque jour. Prison Break attire ainsi de nombreux téléspectateurs tout comme les habituelles séries sud-américaines navrantes mais si appréciées en Afrique. Les productions nationales ne sont pas en reste avec plusieurs séries de qualité tournées à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Les chaînes privées font, elles aussi, ce qu'elles peuvent avec ce qu'elles ont. Canal 3 organise quelques débats et diffuse des séries et des films en soirée les jours de fin de semaine mais se contente le plus souvent de diffuser des clips musicaux. SMTV qui émet depuis 2002 n'a également pas une programmation élitiste... CVKTV, chaîne religieuse chrétienne diffuse toutes sortes de programmes insipides. Pour finir, Africable, chaîne panafricaine francophone, diffuse, sur le modèle de TV5 Monde, les programmes et journaux télévisés des différentes chaînes nationales francophones du continent.

Devant la relative indigence du PAB (paysage audiovisuel Burkinabè...) certains choisissent de se tourner vers les offres internationales. C'est le cas par exemple de la chaîne francophone TV5 Monde accessible gratuitement à condition d'être équipé d'une antenne spéciale (coût : environ 10.000CFA - 15€) et d'un démodulateur Neerwaya (coût d'occasion à partir de 50.000CFA - 75€). Ce même démodulateur permet pour ceux qui le souhaitent de souscrire à divers abonnements. Pour 13.500CFA seulement (moins de 21€) auprès de Neerwaya Multivision vous pouvez avoir un bouquet d'une quarantaine de chaînes en qualité numérique dont TF1, France 2, France 5/Arte, CNN, AB1, NT1, Série Club, CinéCinéma Star, Planète, Odyssée, Direct 8, iTélé, TV5, France 24, TMC, RTL9, TF6, MCM, France Ô, Tiji et Teletoon (Jeunesse), etc... En payant des "packs" option à 1500 ou 3000CFA vous accédez en outre à des bouquets spéciaux : Canal +, XXL (la chaîne de cul excepté le jeudi où c'est "soirée gay"), National Geographic Channel, etc.... Les offres Neerwaya, compte-tenu du prix des abonnements (sans engagement), du prix modique du matériel et de la rapidité d'installation (un technicien vient vous installer le matériel le jour même et gratuitement) rend l'offre beaucoup plus attractive que celle de CanalSat : pour environ 75.000CFA (115€) tout compris vous avez le matériel, l'installation et le premier mois de l'abonnement au pack Neerwaya... Les plus fortunés s'abonneront eux tout de même à CanalSat car le panel de chaînes proposé est supérieur. Le prix de l'antenne parabolique et des abonnements mensuels est cependant largement plus cher que celui l'offre TNT de Neerwaya.

Si vous êtes en dehors du Burkina, vous pourrez suivre les programme de la TNB sur différents bouquet satellite ou ADSL. C'est par exemple le cas en France de Free qui dans son offre gratuite diffuse la TNB en direct.

Site web de la TNB , site de la chaîne privée CANAL3 , site de la chaîne SMTV , site de la chaîne Africable et site de CanalSat

o Téléphone : La téléphonie fixe au Burkina est assez peu répandue et ne doit sa survie qu'aux entreprises et aux administrations. La démocratisation relative des connexions internet ADSL haut-débit (enfin haut-débit, on se comprend...) dans les grandes villes du pays a cependant relancé l'attrait des lignes fixes de l'opérateur national ONATEL. Le prix des abonnements et des raccordement demeure cher pour le commun des Burkinabè (l'abonnement coûte 3000CFA ttc/mois - 4,5€).

La plupart des villes et bon nombre de communautés rurales sont équipées de téléphonie fixe même si au plus profond de la brousse cela se résume parfois à la seule et unique ligne du télécentre local. La généralisation des émetteurs de téléphonie mobile (meilleurs marché pour équiper de vastes régions rurales) n'encourage évidemment pas l'ONATEL à financer de nouvelles installations coûteuses de téléphonie fixe dans les zones reculées.

L'ONATEL, opérateur historique récemment privatisé et racheté par un groupe de télécommunication marocain, détient le monopole de la téléphonie fixe.

Le code international du Burkina Faso est le 226, ce qui signifie que pour appeler un correspondant il vous faut faire de l'étranger le 00226+XX XX XX XX. A savoir : les numéros de téléphone au Burkina ont 8 chiffres.

 Voir aussi la page sur les moyens et tarifs pour téléphoner au Burkina Faso pas cher !

Site internet de l'ONATEL

o Téléphonie mobile : Trois opérateurs concurrents proposent des abonnements et des formules "prépayées" pour les téléphones cellulaires : Zain (Celtel), Telecel et Telmob (ce dernier étant la filiale "mobile" de l'ONATEL). Tous ces opérateurs dépendent aujourd'hui de capitaux étrangers (hollandais pour Zain, marocains pour Telmob). C'est Zain, commercialisé jusqu'à récemment sous la marque Celtel, qui rassemble le plus de clients au Burkina. Le prix des puces (cartes SIM) a considérablement diminué ces dernières années. Aujourd'hui, ces cartes SIM sont disponibles pour 500 à 1000CFA (0.75 à 1.5€). Les recharges vendues dans tout le pays sont disponibles à partir de 100CFA (0.15€) seulement. La couverture n'est pas homogène sur le territoire et dépend des opérateurs. Toutes les villes et les localités rurales importantes sont cependant couvertes par les trois opérateurs. D'immenses zones restent néanmoins hors de portée d'un émetteur, surtout dans le Nord et l'Est du pays. Le nombre d'utilisateurs de la téléphonie mobile est très largement supérieur à celui de la téléphonie fixe et la plupart des familles, y compris les plus modestes, disposent maintenant d'un téléphone GSM.

Photo à droite : pancartes Celtel et Télécel de l'un des milliers de revendeurs

 

Les accords de roaming permettent aux clients Burkinabè de se connecter aux différents réseaux nationaux durant leurs voyages et vice-versa. Les nouvelles technologies relatives aux téléphones mobiles n'ont, fin 2008, toujours pas fait leur apparition au Burkina : GPRS, MMS, connexion internet mobile, etc...

Le secteur de la téléphonie mobile, grâce aux dizaines de milliers de vendeurs de recharge à la sauvette, est sans doute le premier pourvoyeur de revenus des jeunes Burkinabè.

Site internet de Zain (Celtel) site internet de Telecel et site internet de Telmob

o Internet : L'internet a considérablement progressé au Burkina, surtout depuis 2006 et l'apparition des premières connexions haut-débit ADSL à Ouagadougou. Un seul fournisseur d'accès ADSL existe au Faso et détient de fait le monopole : l'ONATEL.

Les tarifs sont très élevés au regard de la bande passante proposée aux clients. Une connexion ADSL de base à 128ko coûte 20.000CFA/mois (30€). Celle à 256ko est à 35.000CFA (53€) et celle à 2Mo à 220.000CFA/mois (330€ !). Ces tarifs n'incluent évidemment pas l'abonnement téléphonique à 3000CFA TTC/mois.

Les pannes du réseau sont en outre fréquentes et peuvent durer de plusieurs heures à plusieurs jours. En dehors de ces tristes moments, la qualité de la connexion est excellente et correspond à celle qui est vendue. Ainsi, une connexion 256ko qui paraît ridicule face aux connexions 20Mo généralisées en Europe (80x plus rapides) permet cependant de télécharger un film de 600Mo en une nuit.

jeune ouagalais dans un cybercafé du quartier de GounghinD'autres fournisseurs d'accès internet (FAI) proposent des offres en BLR (boucle locale radio, connexions haut-débit sans fil disponibles partout à Ouaga et ne nécessitant pas d'abonnement téléphonique). Cependant, ces opérateurs utilisent la bande passante de l'ONATEL. Quand cette dernière est en panne, tous les FAI sont également coupés. Les tarifs pratiqués sont plus chers que ceux de l'ONATEL pour un service finalement plus médiocre car partagé entre un nombre de clients inconnu. L'abonnement à une connexion haut-débit en BLR nécessite l'installation d'une antenne sur le toit. Seuls les résidents de Ouaga se trouvant dans des quartiers ou des banlieues où l'ADSL n'est pas disponible ont intérêt à souscrire à une telle offre.

Photo à gauche : jeune ouagalais dans un cybercafé du quartier de Gounghin

 

En dehors des villes équipées de l'ADSL, vous pouvez souscrire à des offres de connexion RTC (56ko), notamment auprès de l'ONATEL ou de la CFAO qui proposent des abonnements RTC bon marché.

Du fait du coût élevé des connexions internet domestiques, l'immense majorité des Burkinabè se connectent à l'internet dans les cybercafés. Ils se développent de plus en plus dans tout le pays, principalement dans les villes équipées du haut-débit ADSL. Les tarifs de connexion dans ces cybercafés commencent à 250CFA/heure.

Enfin, quelques hotspots Wifi (la plupart payants) voient le jour petit à petit à Ouagadougou et Bobo.

o LE MARCHE DU TRAVAIL

un jeune ouagalais confectionnant un matelas rembourré de coton représente le type même de travail informelo Le secteur informel : C'est une des données économiques fondamentales en Afrique puisque ce marché informel draîne la majeure partie de l'argent dans ces pays pauvres. On parle de marché informel lorsqu'on décrit un marché du travail fluide mais sans aucun contrôle étatique, statistique ou social. Les petits boulots, les femmes vendant quelques arachides, les agriculteurs, les orpailleurs traditionnels et l'immense majorité des petits commerçants constituent ce marché informel qui malgrè tous ses défauts fait la vitalité et le dynamisme de l'Afrique. Plutôt que de combattre de front le marché informel, l'état a pris le parti d'encourager progressivement les entreprises à rentrer dans le droit chemin du travail déclaré. Car tout travailleur de l'informel rêve de décrocher un jour un véritable contrat lui offrant la sécurité de la protection sociale et de la retraite. Les petits métiers indépendants et les artisans eux aussi commencent timidement à se plier aux règles du droit des entreprises en se déclarant auprès des chambres de commerce.

Photo à droite : un jeune ouagalais confectionnant un matelas rembourré de coton représente le type même de travail informel.

Un certain nombre de secteurs d'activité soumis aux lois et règlementations échappent relativement au travail informel. C'est le cas par exemple - et heureusement - de la santé, de l'assurance, de la banque ou de l'enseignement.

o Les salariés : Etre salarié est le rêve de bien des Burkinabè. La sécurité, la modernité et la durée d'un tel statut sont recherchés par ces centaines de milliers de chômeurs et de travailleurs précaires qui au jour le jour tentent de gagner quelques CFA. Le salariat véritable bénéficie au Burkina des mêmes avantages qu'en Europe : couverture maladie, retraite, droit syndical, etc... Les industries, l'administration, un certain nombre d'entreprises du tertiaire et les multinationales sont hélas les seules à proposer ce type de travail fixe à leurs employés. L'immense majorité des travailleurs Burkinabè, même s'ils sont employés, travaillent de manière non déclarée hypothéquant ainsi leurs vieux jours. Le réflexe de déclaration est loin d'être entré dans les mœurs même s'il tend à se développer. C'est particulièrement le cas pour les centaines de milliers d'employés de maison, de jardiniers, de couturiers, de maçons, de soudeurs, de plombiers, de boutiquiers, de mécaniciens, de chauffeurs, d'apprentis, de manutentionnaires qui sont la force vive du pays mais ne bénéficient pas d'un contrat leur permettant de faire valoir leurs droits. Un conseil des Prudhommes existe au Burkina Faso pour régler les litiges entre employeurs et employés contractuels.

Les salariés sont donc de rares privilégiés. Leur situation stable leur permet, même si le salaire est faible, d'obtenir des prêts bancaires et ainsi de faire construire une maison, d'acheter un véhicule ou d'investir dans une affaire. En outre, la plupart des pays occidentaux exigeant des fiches de salaire pour l'obtention d'un visa, on comprend que les travailleurs du secteur informel aient d'énormes difficultés à se rendre à l'étranger. La tendance au salariat déclaré est néanmoins à la hausse et chaque année une petite partie du secteur informel passe au salariat.

Retraités Burkina

 Clique ici pour télécharger le code du travail Burkinabè (au format PDF)
 Clique ici pour télécharger le décret relatif au salaire minimum au Burkina Faso (au format PDF)

Site internet de la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) :
Site internet du ministère du travail :

o LES BANQUES

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o LES ASSURANCES

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o L'Influence économique internationale

Le Burkina est un des pays africains qui comptent le plus de voisins directs : il partage ses 3193km de frontières avec celles du Niger (628km), du Bénin (306km), du Togo (126km), du Ghana (549km), de la Côte d'Ivoire (584km) et du Mali (1000km). Ces zones frontalières, la plupart du temps rurales et très faiblement ou nullement peuplées sont hélas des zones de contrebande ou de banditisme (coupeurs de route).

le jour se lève sur Koloko, poste frontière entre le Mali et le BurkinaS'il occupe une position stratégique entre le désert et le monde sahélien au nord et les zones tropicales humides du sud, son enclavement demeure cependant un handicap. N'ayant aucun accès à la mer, il dépend des approvisionnements des pays voisins et ses exportations doivent également transiter par les ports d'Abidjan, Accra, Lomé ou Cotonou. Quand des troubles politiques secouent un voisin (comme ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire) c'est tout le Burkina qui en pâtit. Au plus fort de la crise ivoirienne, lorsque le train Abidjan-Ouaga s'est arrêté, une période de marasme s'est installée au Faso conduisant plusieurs usines à licencier faute de pouvoir écouler ou exporter leur production ou faute de pouvoir importer des matières premières. Inversement, lorsqu'un pays frontalier améliore ses méthodes de gouvernance, le Burkina sourit. Le Bénin du nouveau président Yayi Boni élu en 2007 a supprimé les taxes de transit vers le Faso des marchandises débarquées au port de Cotonou. Si cette décision avait pour but principal de développer l'activité du port béninois, il n'en reste pas moins que cela a contribué à la baisse des prix à l'importation constatés à Ouaga. Depuis la crise ivoirienne, le Burkina a ainsi diversifié ses voies d'approvisionnement qui auparavent se résumaient au train Abidjan-Ouaga.

Photo à gauche : le jour se lève sur Koloko, poste frontière entre le Mali et le Burkina, l'un des plus empruntés par les commerçants et travailleurs Burkinabè.

Depuis la période coloniale du début du XXe siècle, l'histoire du Burkina Faso est marquée par des grandes migrations : les famines tout comme les invitations cordiales de la Côte d'Ivoire d'Houphouet Boigny à aller travailler dans les exploitations de cacao ont poussé des dizaines de milliers de Burkinabè à émigrer en Côte d'Ivoire. Lorsque l'on discute avec un Burkinabè, il arrive souvent qu'il dise qu'il est né en Côte d'Ivoire, qu'il y a travaillé ou que ses parents y sont nés ou y ont travaillé. Sans doute plus d'un tiers des Burkinabè ont un lien direct ou indirect avec la Côte d'Ivoire et leur présence au Burkina est fréquemment liée aux évènements politiques tragiques qu'à connu la république ivoirienne ces dernières années et qui ont parfois mené à des exactions contre les ressortissants Burkinabè accusés de tous les maux.


Le Burkina Faso est donc globalement un pays d'émigration contrairement à la Côte d'Ivoire ou au Mali qui eux accueillent plus d'étrangers qu'ils n'en génèrent. En dehors des quelques destins heureux qui ont pu émigrer vers l'Europe ou les Etats-Unis, de nombreux Burkinabè tentent leur chance dans les pays limitrophes (surtout en Côte d'Ivoire, au Mali et au Ghana) et vers des destinations plus lointaines (Gabon, Congo, Sénégal) pour y faire du commerce ou servir de main d'oeuvre bon marché. Ces migrations dépendent d'ailleurs parfois de la communauté ethnique et/ou de la religion du migrant. Un Bobolais parlant mandingue n'aura aucune difficulté linguistique au Mali ou au nord de la Côte d'Ivoire. De même, un Mossi ouagalais migrera plus volontier au Ghana où la langue principale, l'ashanti, a de nombreuses similitudes avec le Mooré. De même, les migrants "commerciaux" seront la plupart du temps musulmans...

Excepté en Côte d'Ivoire où il est accusé de participer à la rébellion et de voler le travail des Ivoiriens (alors que beaucoup de Burkinabè s'accordent à dire que pour voir un Ivoirien avec un balai à la main, il faut se lever tôt un 30 février), le Bukinabé a généralement bonne presse en Afrique. Il faut dire que depuis la petite guerre des "cinq jours" de la Bande d’Agacher en 1985 (guerre avec le Mali contre le Burkina de Sankara qui dura 5 jours du 25 au 30 décembre 85), le Faso n'a plus été impliqué de près ou de loin dans aucun conflit territorial.

o LA CONTREBANDE

La contrebande est un phénomène banal au Burkina Faso et plus généralement dans toute l'Afrique. La multiplicité des nombreuses frontières incontrôlées fait que le transport illégal de marchandises de toutes tailles et de toutes valeurs s'effectue quotidiennement et sans aucun problème.

Guelwongo, à la frontière du Ghana est un haut de la contrebandeLa plus grande partie des zones frontalières est privée d'administration et se trouve le plus souvent dans des zones rurales très faiblement peuplées. Chacun va donc chercher les biens et marchandises là où elles sont le moins cher. Le pays ne produisant pas grand-chose, il dépend des importations venues de Côte d'Ivoire, du Mali, du Bénin, du Togo, du Niger et du Ghana. La pauvreté étant épidémique, personne ne voit d'intérêt à payer des frais de douane pour des produits qu'on peut faire passer discrètement à vélo le long des frontières.

Photo à droite : Guelwongo, à la frontière du Ghana est un haut de la contrebande du manioc et de l'igname.

Les administrations des douanes Burkinabè participent elles aussi à la fête en détournant l'essentiel des recettes douanières récoltées aux frontières terrestres et parfois même en organisation elles-mêmes de la contrebande à grande échelle. Devant la corruption généralisée des politiques et des administrations de Ouagadougou, on comprend cependent aisément que peu de gens apprécient de payer des taxes qui ne serviront qu'à payer des 4x4 climatisés aux monarches du palais.

Motos du Togo, manioc du Ghana, attiéké de Côte d'Ivoire, tout est bon à passer en fraude. Les villes et villages frontaliers consomment parfois 100% de produits de contrebande venus du pays voisin.

Cette situation n'est malheureusement pas prête de s'améliorer. Même si un jour de grandes industries permettent au Burkina de produire localement les produits auparavant importés, les coûts de production dus à l'enclavement du pays rendront ces produits toujours plus chers que ceux fabriqués au Ghana ou en Côte d'Ivoire. La contrebande à de beaux jours devant elle.

Site internet des douanes du Burkina Faso :

Vos contributions et commentaires sur le contenu de cette page
  • Message déposé le 17/09/2009 - 14:09 par daress8  0 votes   
    merci pour l'occasion que vous m'offrez de pouvoir donner mon point de vue sur le phenomène de la contrebande . je voudrai simplement vous dire que les ignames sont loin d'etre des produits qu'on peut faire passer discetement. ce sont des marchandises qui arrivent sur la place du marché a l'aide de gros véhicules. soyons plus réaliste: votre image prise a 100m environ du poste de douane de guelwongo.
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