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Page mise à jour
le 11.12.2014

 Guéleoungo

C'est une réalité bien relative au Sénégal. En effet, comparé aux pays d'Amérique du Sud ou même d'Afrique équatoriale, le taux d'urbanisation assez faible (34% contre plus de 70% dans les pays développés et en Amérique latine) montre que le Sénégalais reste attaché à la campagne d'où il tire des revenus suffisants. Le relatif investissement du gouvernement depuis quelques années dans les infrastructures sanitaires et les services (eau, électricité, téléphone, poste ....) inverserait même plutôt la tendance. Mais ceux qui partent à la ville sont les forces vives du pays : jeunes étudiants et lycéens doivent aller dans les grandes villes pour étudier. Ils y restent souvent après.

En effet, les écoles rurales sont nombreuses (6500 sur le territoire dont 5000 en zones rurales) mais si les collèges sont également courants (moins de 600 dont 250 en zones rurales), les lycées eux sont plus rares (164 dont seulement 13 en zones rurales). Les classes post-bac ne sont qu'urbaines : deux universités, Saint-Louis et Dakar, et quelques classes post-bac privées de plus ou moins bonne qualité dans une dizaine de villes. L'effort de l'état dans ce domaine est cependant important : entre 1998 et 2004, 30 lycées et 163 collèges ont été construits au Sénégal !
Malgré cet exode des jeunes, il est néanmoins très rare de voir des villages abandonnés ou vidés de leur population. L'explosion démographique des villes sénégalaises (4200hab/km2 à Dakar) n'a pas donc vidé l'immense vivier humain des campagnes malgré des régions très peu peuplées (moins de 10hab/km2 au Sénégal oriental). Aujourd'hui, la région la plus touchée par l'exode rural est très sûrement la Casamance dont les villageois ont quitté la campagne pour fuir les exactions des militaires sénégalais et des indépendantistes. Aujourd'hui près de 25% des Sénégalais habitent dans Dakar et sa banlieue. L'agglomération voit sa population augmenter chaque année de 125.000 habitants et une partie non négligeable de ce solde démographique vient de l'exode rural. Alors que la densité démographique du Sénégal est de 53 hab/km², Dakar compte près de 4200 habitants au km² !
Heureusement, cet exode rural est peut-être en train d'être inversé. La densité et le faible coût des transports en commun favorise les campagnes car l'habitant du petit village reculé peut très bien se rendre en ville pour quelques achats ou voir la famille sans pour autant devoir y résider plusieurs jours. L'état des routes tend à s'améliorer et les travaux de la nouvelle autoroute dont le premier tronçon est déjà presque achevé (mai 2007) va profiter à la campagne plus qu'à Dakar. En outre, l'avènement du téléphone portable a permis aux villages de ne plus être isolés, surtout en cas de problème sanitaire. Alors qu'il pouvait falloir des heures il y a dix ans pour joindre une localité munie d'un téléphone et appeler une ambulance ou un taxi, c'est l'affaire aujourd'hui de quelques secondes.
Malgré tout, un certain nombre de «campagnards» ont dû s'installer en ville ces dernières années. Beaucoup ont commencé à fuir au cours des grandes sécheresses des années 80. Mais durant les premiers jours de l'hivernage, ils retournent dans leur grande majorité aider la famille dans les champs. Chaque sinistre agricole voit cependant partir des milliers de ruraux vers la ville : les criquets pélerins en 2004, les pluies de janvier 2002, la sécheresse 2003, etc.... sont autant de crises qui décident les paysans à partir.

Voir la page sur l'architecture traditionnelle au Sénégal.
Voir les chiffres de l'éducation au Sénégal (2005) : nombre d'établissements, d'élèves et d'enseignants par ville (format PDF)
Voir les cartes IRD sur les taux de croissance en zone rurale par département à deux périodes différentes : 1960-1988 et 1976-1988 (format PDF)

 

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