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Pays
essentiellement rural, le Burkina Faso ne connait
pas l'explosion de la délinquance que subissent
des pays tels que le Sénégal ou
le Nigéria. Dans la majeure partie du pays
les portes ne sont jamais fermées et tout
le monde connaissant tout le monde, les crimes
et délits sont rares. On peut toutefois
noter un fléau des zones les plus reculées
et qui frappe toutes les pays de la région
: les coupeurs de route. Dans un immense triangle
presqu'inhabité constitué des zones
frontalières du Niger, du Bénin
et du Burkina Faso, des bandits armés font
régulièrement leur fête aux
passagers des véhicules qui ont le malheur
de passer au mauvais moment. Très mobiles,
ces coupeurs de route sont difficilement arrêtés
et continuent donc de sévir... Pas une
semaine ne passe sans que la presse nationale
ne se fasse l'écho d'un braquage sur l'axe
de Fada N'Gourma ou, plus inquiétant, sur
les petites routes des environs de Ouagadougou.
Le problème est également très
présent dans le sud du pays, dans la zone
frontalière avec la Côte d'Ivoiwe
où des éléments armés,
ex-combattants du conflit ivoirien, se constituent
un petit salaire en détroussant les passagers
des véhicules empruntant les axes peu fréquentés.
Au chapître de la délinquance,
comment ne pas parler de la délinquance
policère, administrative et politique.
Pas un seul - il faut le souligner : PAS UN SEUL
- policier, du plus galonné au moins gradé,
n'est honnête et intègre. Leur vie
n'est faite au quotidien que de "petits arrangements".
Aucune enquête n'est jamais diligentée
et l'essentiel du travail du policier burkinabé
et de faciliter la vie aux bons payeurs et pourrir
celle des pauvres gens. Tuer un policier au Burkina
Faso, c'est rendre service à la nation.
Douaniers et gendarmes sont à mettre dans
la même fosse commune. Mais le petit fonctionnaire,
qui va traîner ses savates pour délivrer
une carte d'identité jusqu'à ce
qu'on accélère le processus en lachant
un billet 1000 fait partie également de
cette délinquance administrative ruinant
le pays et compliquant la vie du citoyen burkinabé.
Et dans ce registre, c'est la foire d'empoigne
: tout acte administratif, quel qu'il soit, génère
une corruption diverse. Il en est de même
pour ce qui touche au foncier, à l'éducation
(inscriptions, diplômes), à la justice,
etc...
Mais c'est la délinquance
urbaine qui connait la plus grosse progression.
Avec un exode rural qui fait rage et une misère
qui s'enracine, la population pauvre des villes
explose et une délinquance parfois violente
rend la vie dure aux habitants de Ouaga et dans
une moindre mesure de Bobo-Dioulasso.
La consommation de drogue est
généralisée : d'une part
une partie non négligeable des jeunes des
classes les plus défavorisées fument
du cannabis dont le prix doit avoisiner celui
des cigarettes et dont les autorités chassent
les dealers avec peu de conviction. La consommation,
de par la nécessité de se payer
ses joints, génère une délinquance
grandissante. Le commerce quant à lui n'enrichit
pas de réseau mais quelques pauvres exilés
ruraux qui revendent leur production marijuanesque
au plus offrant. D'autre part, et c'est plus préoccupant,
la frange la plus miséreuse de la société,
ces jeunes garçons mendiants appelés
talibés ou garibous, sniffent de la collent
et du dissolvant 24h/24. Avec quelques dizaines
de francs CFA ils s'achètent ces produits
en boutique ou chez les vulcanisateurs et renifflent
jusqu'à plus soif. Outre le fait que ces
substances détruisent irrémédiablement
et à court terme les poumons et le cerveau,
elles rendent violents ces enfants et ses adolescents
et les aggressions entre eux conduisent souvent
à des coups de couteau mortels. Les passants
nocturnes ne sont pas en reste. Un solide burkinabé
à la force de la l'âge ne fait pas
le poids face à une horde d'une dizaine
ou d'une quinzaines de garibous au cerveau cramé
et aux yeux injectés de sang : certains
quartiers livrés la nuit à la loi
de ces bandes (comme la cité an III) sont
véritablement dangereuses à partir
de 2h du mat'.
Les cambriolages et vols à
la tire sont généralisés.
Il est impossible quel que soit le quartier de
Ouaga de laisser un logement sans surveillance
pendant plus de 10 minutes : il est systématiquement
"visité". Alors dans les quartiers
dits résidentiels (Ouaga 2000, Zone du
Bois, etc...) devant chaque maison entourée
d'épaisses murailles somnole un gardien
idiot (la muraille est la première chose
construite dans une villa pour éviter que
les matériaux ne disparaissent durant l'achèvement
du reste de la maison...). Dans les quartiers
populaires, la question ne se pose pas car la
concession familiale n'est jamais vide.
Pour finir on peut citer, les "Ibos".
Les Ibos, à l'origine, constituent une
ethnie du Nigéria. Ils se trouvent que
ces derniers se rendent célèbres
à travers le monde grâce à
leurs arnaques sur internet (du genre "Je
suis la veuve de Charles Taylor ou le dernier
fils de Bokassa et j'ai des millions de dollars
à la banque, aidez-moi à les récupérer
et je vous file 10%). Certains Ibos ont émigré
au Burkina à la faveur de l'ouverture progressive
de nombreux cybercafés et y sévissent
désormais. Mais un grand nombre d'autres
anglophones, ghanéens et libériens
(ils sont les rois de l'arnaque à la con
en Afrique avec les Sénégalais et
les Béninois) opérent désormais
depuis les cybercafés. On les appellent
également les Ibos. Voilà comment
le nom d'une ethnie devient un terme générique
pour appeler les arnaqueurs du net (rarement inquiétés
au Burkina malgré quelques descentes de
police).
La population masculine des prisons du Burkina
Faso (et de la principale la MACO, maison d'arrêt
et de correction de Ouagadougou) est majoritairement
constituée d'aggresseurs, de fous, de dealers
(souvent les trois se confondent en une même
personne) ainsi que des quelques délinquants
financiers (pas assez) et quelques manifestants
antibilaissecompaoré.
La population féminine quant à
elle est incarcérée pour voies de
faits (les bagarres entre femmes ou co-épouses
en Afrique sont d'une violence frisant l'hécatombe)
ou infanticide (beaucoup de jeunes femmes ou d'adolescentes
"enceintées" hors mariage préfèrent
donner la mort à leur nouveau-né
plutôt que de subir la honte au village...
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