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Page mise à jour
le 11.12.2014

 Guéleoungo

Délinquance au Burkina FasoPays essentiellement rural, le Burkina Faso ne connait pas l'explosion de la délinquance que subissent des pays tels que le Sénégal ou le Nigéria. Dans la majeure partie du pays les portes ne sont jamais fermées et tout le monde connaissant tout le monde, les crimes et délits sont rares. On peut toutefois noter un fléau des zones les plus reculées et qui frappe toutes les pays de la région : les coupeurs de route. Dans un immense triangle presqu'inhabité constitué des zones frontalières du Niger, du Bénin et du Burkina Faso, des bandits armés font régulièrement leur fête aux passagers des véhicules qui ont le malheur de passer au mauvais moment. Très mobiles, ces coupeurs de route sont difficilement arrêtés et continuent donc de sévir... Pas une semaine ne passe sans que la presse nationale ne se fasse l'écho d'un braquage sur l'axe de Fada N'Gourma ou, plus inquiétant, sur les petites routes des environs de Ouagadougou. Le problème est également très présent dans le sud du pays, dans la zone frontalière avec la Côte d'Ivoiwe où des éléments armés, ex-combattants du conflit ivoirien, se constituent un petit salaire en détroussant les passagers des véhicules empruntant les axes peu fréquentés.

Au chapître de la délinquance, comment ne pas parler de la délinquance policère, administrative et politique. Pas un seul - il faut le souligner : PAS UN SEUL - policier, du plus galonné au moins gradé, n'est honnête et intègre. Leur vie n'est faite au quotidien que de "petits arrangements". Aucune enquête n'est jamais diligentée et l'essentiel du travail du policier Burkinabè et de faciliter la vie aux bons payeurs et pourrir celle des pauvres gens. Tuer un policier au Burkina Faso, c'est rendre service à la nation. Douaniers et gendarmes sont à mettre dans la même fosse commune. Mais le petit fonctionnaire, qui va traîner ses savates pour délivrer une carte d'identité jusqu'à ce qu'on accélère le processus en lachant un billet 1000 fait partie également de cette délinquance administrative ruinant le pays et compliquant la vie du citoyen Burkinabè. Et dans ce registre, c'est la foire d'empoigne : tout acte administratif, quel qu'il soit, génère une corruption diverse. Il en est de même pour ce qui touche au foncier, à l'éducation (inscriptions, diplômes), à la justice, etc...

Mais c'est la délinquance urbaine qui connait la plus grosse progression. Avec un exode rural qui fait rage et une misère qui s'enracine, la population pauvre des villes explose et une délinquance parfois violente rend la vie dure aux habitants de Ouaga et dans une moindre mesure de Bobo-Dioulasso.

La consommation de drogue est généralisée : d'une part une partie non négligeable des jeunes des classes les plus défavorisées fument du cannabis dont le prix doit avoisiner celui des cigarettes et dont les autorités chassent les dealers avec peu de conviction. La consommation, de par la nécessité de se payer ses joints, génère une délinquance grandissante. Le commerce quant à lui n'enrichit pas de réseau mais quelques pauvres exilés ruraux qui revendent leur production marijuanesque au plus offrant. D'autre part, et c'est plus préoccupant, la frange la plus miséreuse de la société, ces jeunes garçons mendiants appelés talibés ou garibous, sniffent de la collent et du dissolvant 24h/24. Avec quelques dizaines de francs CFA ils s'achètent ces produits en boutique ou chez les vulcanisateurs et renifflent jusqu'à plus soif. Outre le fait que ces substances détruisent irrémédiablement et à court terme les poumons et le cerveau, elles rendent violents ces enfants et ses adolescents et les aggressions entre eux conduisent souvent à des coups de couteau mortels. Les passants nocturnes ne sont pas en reste. Un solide Burkinabè à la force de la l'âge ne fait pas le poids face à une horde d'une dizaine ou d'une quinzaines de garibous au cerveau cramé et aux yeux injectés de sang : certains quartiers livrés la nuit à la loi de ces bandes (comme la cité an III) sont véritablement dangereuses à partir de 2h du mat'.

Les cambriolages et vols à la tire sont généralisés. Il est impossible quel que soit le quartier de Ouaga de laisser un logement sans surveillance pendant plus de 10 minutes : il est systématiquement "visité". Alors dans les quartiers dits résidentiels (Ouaga 2000, Zone du Bois, etc...) devant chaque maison entourée d'épaisses murailles somnole un gardien idiot (la muraille est la première chose construite dans une villa pour éviter que les matériaux ne disparaissent durant l'achèvement du reste de la maison...). Dans les quartiers populaires, la question ne se pose pas car la concession familiale n'est jamais vide.

Pour finir on peut citer, les "Ibos". Les Ibos, à l'origine, constituent une ethnie du Nigéria. Ils se trouvent que ces derniers se rendent célèbres à travers le monde grâce à leurs arnaques sur internet (du genre "Je suis la veuve de Charles Taylor ou le dernier fils de Bokassa et j'ai des millions de dollars à la banque, aidez-moi à les récupérer et je vous file 10%). Certains Ibos ont émigré au Burkina à la faveur de l'ouverture progressive de nombreux cybercafés et y sévissent désormais. Mais un grand nombre d'autres anglophones, ghanéens et libériens (ils sont les rois de l'arnaque à la con en Afrique avec les Sénégalais et les Béninois) opérent désormais depuis les cybercafés. On les appellent également les Ibos. Voilà comment le nom d'une ethnie devient un terme générique pour appeler les arnaqueurs du net (rarement inquiétés au Burkina malgré quelques descentes de police).

La population masculine des prisons du Burkina Faso (et de la principale la MACO, maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou) est majoritairement constituée d'aggresseurs, de fous, de dealers (souvent les trois se confondent en une même personne) ainsi que des quelques délinquants financiers (pas assez) et quelques manifestants antibilaissecompaoré.

La population féminine quant à elle est incarcérée pour voies de faits (les bagarres entre femmes ou co-épouses en Afrique sont d'une violence frisant l'hécatombe) ou infanticide (beaucoup de jeunes femmes ou d'adolescentes "enceintées" hors mariage préfèrent donner la mort à leur nouveau-né plutôt que de subir la honte au village...

 

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